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Parlez-moi (zéro) déchets

Le sujet des déchets est vraiment d’actualité : pour preuve le nombre croissant de consommateurs souhaitant se rapprocher le plus du « zéro déchet » : donc rien dans les poubelles.

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Adieu jetable, mono-usage, adieu black Friday, adieu fast food aussi… bonjour fruits et légumes du jardin/du balcon/du rebord de la fenêtre, panier de couture, boîtes de conservation en verre…

Cela pourrait sembler simple au premier abord : moins et mieux acheter, réutiliser, recycler, donner plutôt que jeter… Mais en pratique, ce n’est pas toujours évident, voici quelques écueils :

  • les freins culturels type « il faut acheter des vêtements, des objets dès que c’est les soldes », donc sans interroger ses besoins réels. Et est-on obligés de suivre les dernières modes, tendances? Est-on assez informés sur les fabrications des vêtements, objets que l’on souhaite acheter : fabrication locale et/ou dans quelles conditions? Quel impact sur l’environnement? Souhaite-on « entretenir » une certaine société de consommation, ou une marque avec une éthique humaine et environnementale douteuses?
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  • les freins d’hygiène type « le jetable est forcément plus propre que le tissu que l’on réutilise : lingettes, mouchoirs… ». Peut-être faut-il s’interroger sur la composition des produits jetables : sont-ils réellement sans impact sur la santé? Et leurs emballages en plastique? Une chose est sûre, ils ont un impact sur l’environnement… et sur votre porte-monnaie en comparaison de mouchoirs ou lingettes durables. Et pour rappel, un coup de fer à repasser sur un mouchoir et hop, au revoir les microbes…
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  • la nécessité apparente que nos enfants doivent avoir plein (trop) de vêtements, de jouets… A quoi cela sert d’entasser des jouets, peluches que l’enfant n’utilise jamais? Faire des listes pour les anniversaires et Noël permet de limiter les jouets en double, et pourquoi pas privilégier des jouets de qualité et durables, quitte à en avoir moins?
  • la facilité d’acheter des produits dans des emballages non réutilisables alors qu’on peut trouver une autre solution : faire soi-même ses repas, ses biscuits, ses cosmétiques, ses produits d’entretien…

Mais être « zéro déchets » n’est pas que penser à faire disparaître ses poubelles : c’est aussi voir au-delà et prendre en compte l’impact environnemental de son mode de vie : limiter sa consommation d’eau aux seuls besoins, remettre en question ses moyens de transport, privilégier des produits à faible empreinte carbone grâce aux produits locaux (alimentation, entretien, vêtements), choisir le bon fournisseur d’énergie, le meilleur moteur de recherche… c’est donc tout le quotidien qui se trouve passé à la loupe et remis en question si besoin.

Et au final, ce n’est plus aussi simple car facilement générateur de frustrations : la frustration de peut-être reculer, la frustration de ne pas toujours être bien informé… ou bien compris dans sa démarche.

Car acheter un pull en polaire issu du recyclage de bouteilles en plastique cela peut paraître bien au premier abord, mais apprendre ensuite que ce vêtement libère des microparticules de plastiques pendant son lavage, microparticules qui finiront probablement dans l’océan… ce n’est plus acceptable. Alors on arrive à des situations de plus en plus complexes, si on souhaite rester conforme à ses convictions, ses engagements. Des situations aussi de plus en plus critiquables par des zéro déchets plus expérimentés : on espère faire bien en achetant aux producteurs locaux mais ce n’est pas forcément bio, on espère faire bien en achetant des marques françaises mais elles importent leurs matières premières, on espère faire bien en tentant d’influencer des proches à cette démarche alors qu’on risque au contraire de les braquer…

Heureusement, de plus en plus de communautés aident à cette transition : associations, groupes sur les réseaux sociaux… il est donc plus simple et plus rapide d’avancer dans ce sens : on partage ses astuces, recettes, retour d’expériences… Ainsi on peut se mettre à la couture pour réparer de manière esthétique un accroc à son pantalon ou transformer celui-ci en sac s’il est trop abîmé, acheter des lingettes lavables durables et de qualités pour faire son ménage, fabriquer ses propres tawashis… Cuisiner avec ses enfants les biscuits de la semaine, avec des produits frais, locaux et de saisons… Et plus largement redécouvrir ces petits plaisirs du fait soi-même.

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Mais certains fabricants ne sont pas en reste : les initiatives de matériaux et d’objets à base de (futurs) déchets se multiplient : meubles en bois de palette, objets à base de déchets plastiques ramassés sur les plages… Ou emballages que l’on met en terre et d’où sortira des fleurs… La créativité, en plus du challenge, est de mise!

Et vous, quelle est votre initiative zéro déchet?

 

visuels d’illustration : Pixabay