artisanat

Vis ma vie de créatif

Les loisirs créatifs ont beaucoup évolué ces dernières années. A une époque, il s’agissait surtout d’apprendre des techniques : peinture, vannerie, tricot…  jusqu’à maîtriser un minimum les bases, les premiers gestes, gagner en assurance, rapidité, autonomie…

Viennent ensuite la reproduction de ces techniques, la reproduction des modèles… Pour développer son sens critique, s’interroger sur sa créativité…

Et si on avait l’âme aventureuse ou simplement le temps (encore du temps) et l’envie d’aller au-delà, développer sa patte, son style, son univers et son expertise… Bref, ses propres créations. Pour soi d’abord : satisfaction personnelle, volonté de voir son évolution, ses progrès, ses tentatives, ou par purs défis…

Voire pour les autres : et si ma passion, mon savoir-faire, pouvait intéresser, pouvait se vendre? Le genre de questions souvent non sollicitées par nous-même, qui germent en nous à la suite d’échanges avec des proches, après un sympathique « j’aime bien ce que tu fais »…

Je pense que c’est souvent de cette manière que naissent de nombreuses marques, entreprises, souvent très chargées d’investissement personnel, d’émotions, de valeurs et d’un réel souhait de partage.

Mais de là à en vivre, et rapidement SVP : guère aisé!

Mais l’idée de partage est là, tenace : elle est la pierre angulaire d’un nouveau « business » : en complément de la vente d’objets, on « vend » son savoir-faire. Voire on vend surtout son savoir-faire : une bonne façon de s’enrichir d’échanges et de faire grandir différemment son aventure entrepreneuriale.

exemple d’atelier proposé sur wecandoo.fr @we can doo

Le curieux, potentiel client, peut donc découvrir, apprendre, vivre un morceau d’un job créatif souvent loin de son quotidien ou se projeter futur créateur via ce type d’atelier. Et avec en prime, la fierté d’avoir fait de ses mains un objet « autre » qu’il ramènera et peut-être modifiera un peu son ordinaire.

Les ateliers sont variés sur laboudeuse-paris.fr @la boudeuse

Bref, de nouveaux loisirs, qui permettent de se sensibiliser à des savoir-faire : du travail du créatif seule la partie la plus « passion » est partagée : l’expérience en est que plus ludique.

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Maison & Objet : Atmosphère d’ailleurs

Sur le salon Maison & Objet, j’ai également découvert Atmosphère d’ailleurs.

Les objets de cette société sont le résultat de chines, qui appellent au voyage : voyage géographique et temporel.

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anciennes portes

Les objets sont en bon état :  prêts à être réutilisés ou à décorer votre espace. Et surtout, ils viendront toujours avec leurs histoires.

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anciennes roues de char de processions religieuses

IMG_20190121_122957Le temps et l’usure ont bonifiés les matériaux, les fonctions ont déterminé les formes et les proportions sont très agréables à l’œil.

Attention : pour apprécier au mieux ces objets rares, il est préférable de bénéficier d’explications sur leurs histoires : leurs utilisations initiales, leurs raretés à ce jour…

Un exemple avec la photo ci-dessous :

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Ge Ba encadrés

Je vous copie-colle les explications du site : « Les « Ge Ba », ces « peintures de tissu » sont nées en Chine de la nécessité qui prélude à l’art du réemploi : de la colle de riz pour assembler à plat sur une planche un col de veste trop usée, une poche encore solide, un fragment de robe de mandarin effilochée, c’est le recyclage traditionnel des vêtements devenus importables même par les plus pauvres. Ce matériau va alors resservir dans le vêtement, mais discrètement : doublure, renforts, semelles de chaussures.

Sur ces « galettes de tissus », on retrouve les couleurs de la vie chinoises : le bleu de la «veste Mao» l’indigo, le brun, et le noir, du petit peuple, les semis de fleurs strictement réservés aux enfants, le chanvre imprimé au bloc, la soie « peau de requin » et les fragments de calligraphies réchappées de la révolution culturelle.

Ces collages, tous des pièces uniques réalisés dans les années 50 à 70 avaient vocation à être découpés. C’est en ce sens que l’on peut parler d’œuvres éphémères. Certains ont été sauvés et collectionnés dès les années 60 par François Dautresme, créateur de la Compagnie Française de l’Orient et de la Chine.

Art brut, éphémère, les « Ge Ba », sont de magnifiques tableaux, qui évoquent étonnamment les peintures de Paul klee, Nicolas de Staël, et Serge Poliakoff.

Cette collection fut partiellement exposée au Musée Guggenheim à Bilbao et au Centre Pompidou, puis à la Fondation EDF à Paris, sans pour autant être proposée à la vente, à la grande déception du public, qui les découvrait dans un mélange d’étonnement et d’admiration. Il ne tient qu’à vous de vous approprier une pièce de cette collection unique au monde. »

C’est donc une énorme consistance, ici on ne surfe pas sur une tendance!

La société ayant plus de 20 ans, elle nous révèle une réelle expertise de cultures anciennes et fondamentalement différentes de la nôtre.

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Bref, cette sélection soignée d’objets invite à la découverte, mais aussi à l’humilité.

Plus d’informations : http://www.atmospheredailleurs.com , showroom à 30 minutes de Paris.

 

exposition Japon-Japonismes. Objets inspirés, 1867-2018 – suite

Concernant la suite de cette exposition, j’ai préféré sélectionner des objets mettant plus en avant des expérimentations de matières.

Après la thématique de la nature, un autre thème cette fois-ci abstrait : le mouvement.

Ci-dessous des créations de vannerie : la forme semble se définir au cours de la réalisation. Le résultat est assez inhabituel visuellement : superpositions, espaces, croisements… La complexité du travail semble disparaître au profit de l’aspect graphique.

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Toujours dans l’idée de construction d’un volume à partir de bandes, une tenue dont l’esthétique est définie par de nombreux plis et superpositions. La lumière rasante dévoile les nombreuses marques de pliages.

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La forme suivante navigue entre l’abstrait et le figuratif, et entre les plis et les ondulations…

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Les plis toujours, avec cet éventail que j’aurais bien aimé manipuler : en effet, est-ce que cet objet, malgré ses reliefs, peut toujours être fermé?

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Et enfin, le thème de l’innovation, toujours dans l’expérimentation de matières, l’assemblage, les jeux de lumière…

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Certes, une exposition riche et intéressante « sur le papier » : de nombreuses pièces très qualitatives… mais peut-être trop nombreuses, au détriment de la clarté des messages.

Il était donc pour moi, difficile de prendre le temps nécessaire à la contemplation, à la comparaison, à la réflexion, tout au long du parcours. Une exposition à faire en plusieurs fois peut-être, pour mieux l’apprécier?

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exposition jusqu’au 3 mars 2019, MAD Musée des Arts Décoratifs, 107-111, rue de Rivoli, 75001 Paris

 

 

 

Il est encore temps…

Nous voici désormais en décembre.

La neige n’est pas encore là, il ferait même doux… mais les calendriers de l’Avent ont déjà bien été entamés… dernière ligne droite pour quelques cadeaux?

Si je vous parle « béton », vous pensez à « bétonneuse », ou « sol en béton ciré »? Oui, mais pas que… The French Vikings s’est penché sur cette matière et vous offre des rendus bien sympathiques… entre produits finis, ou kits et ateliers… Le béton ne devrait plus avoir beaucoup de secret pour vous ! https://thefrenchvikings.com/

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Serre-livres en béton ; et oui, il ne s’agit pas de pierre!

 

Envie d’exotisme, de voyage? Coconut & Soul a pensé à vous avec des illustrations sur la nature, tout en sensibilité et épurées… A vous une chouette déco et de la belle papéterie! https://www.coconutandsoul.fr/

Lot de 3 carnets A6, en papier recyclé bien sûr!

 

Alix D. Reynis nous surprend par sa touche, qu’elle parvient à appliquer dans l’art de la table, la décoration ou les bijoux… Porcelaine ou vermeil, tout à l’air facile! https://www.alixdreynis.com/

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effets de transparence pour plus d’élégance! luminaires de porcelaine

 

A la recherche d’un cadeau gourmand et personnalisé? Vous avez un message peut vous y aider, avec de bons biscuits (bio) personnalisables. http://vousavezunmessage.bigcartel.com/

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Une petite faim?

 

Encore de la place pour plus de gourmandise? Madame Azilis a créé des recettes à base de fruits et purée d’amande ou noisette : ou comment être entre la confiture et la pâte à tartiner! https://madame-azilis.fr/

Une des 6 recettes gourmandes

 

Mais parlons quand même un peu travail… Plus précisément, entrepreunariat. Intéressé(e)? Voici votre coach… papier! 23heures59 éditions vous promet tous les outils nécessaires à votre réussite. https://www.23heures59editions.com/

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direction succès avec ce Carnet pour Entreprendre!

 

Et pour finir, pour les filles, des bijoux inspiré du Japon : merci La Louvehttps://www.lalouvecreation.fr/categorie-produit/voyage-au-japon/

soyons originales!

Bonne fêtes à tous!

Il était temps…

Cela fait un bon moment que je n’ai pas posté d’article, et je n’en suis pas très fière. Le temps passe, la culpabilité grandit et la fin de l’année se rapprochant… Donc autant la terminer en (grande) beauté, avec une petite sélection de produits en vue des fêtes !

Maximum, c’est juste le concept top, avec le fauteuil Gravêne par exemple : une réflexion sur des matériaux neufs que des procédures qualités envoient par défaut à la poubelle… Je vous laisse lire pour mieux comprendre : https://www.maximum.paris/products/gravene

Fauteuil Gravêne, de Maximum… magnifique!

Chaque fauteuil est unique! Chacun le sien…

 

Du côté de Charlestine, on n’est pas en reste… Des radios anciennes, « vintage », sont bichonnées et misent technologiquement à jour. Ici aussi, chaque objet est unique et fait voyager dans le temps… n’hésitez pas : https://www.charlestine.fr/

Radio ancienne Integra 1937 restaurée et connectée en Bluetooth par Charlestine

Joli modèle « Integra », 1937… peut-être déjà vendu à l’heure où vous lisez ce texte.

 

Une petite déprime, accentuée par un ciel bien gris… Pas de souci,  Un Petit Coin de Ciel Bleu a pensé à vous! Et vous propose un petit coin du ciel bleu de la ville de votre choix, pour égayer votre intérieur. Il pleut? Regarder le coin de votre mur plutôt que par la fenêtre et tout ira mieux : https://www.unpetitcoindecielbleu.fr/

Il suffisait d’y penser : un coin de ciel bleu à mettre au coin. Ici, destination Barcelone.

 

A la recherche d’un cadeau original? Et pourquoi pas une brosse à dents? Mais attention, par n’importe laquelle : chez Lamazuna, elle est en bioplastique et à tête rechargeable, le manche comme les têtes sont récupérées par le fabricant pour être recyclés… qui dit mieux? https://www.lamazuna.com/fr/brosses-a-dents/234-brosse-a-dents-rechargeable-violette.html

Brosse à dents rechargeable - Violette

C’est sympa le violet… Design simple mais efficace.

 

Les esthètes ne sont pas oubliés, avec ce clin d’œil aux fameux mobiles de Calder. Merci Virvoltan! Plusieurs modèles sont disponibles, et en plus créer sa propre composition : https://www.virvoltan.com/

Composition Séville, olé !

Et pendant ce temps, du côté d’Educalux… Retour en force! De jolies patères, pas que pour les enfants… http://www.educalux.fr/fr/

Patere enfant Educalux

Patères Acolin et Cazine, mais vous pouvez en prendre qu’une ou deux identiques, pas de souci (disponible en 4 coloris)

 

En quête de LA table basse originale… vous pouvez déjà dire que vous l’avez trouvée ! Merci qui? Merci Mano. Forme et matériau magnifiquement associé, on en a tous rêvé : https://mano.paris/laissez-vous-inspirer-par-mano-paris/

 

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table Wave : un verre?

Du côté d’un autre créateur, on va parler sac. Mais pas de sacs banals… Damien Béal propose en effet d’associer son matériau fétiche, le bois avec du cuir pour des réalisations des plus originales : https://www.damienbeal.fr/

 

Le Pause Weekend, sac de voyage en bois et cuir. Impossible de passer inaperçu!

Voilà déjà un bon début pour vous inspirer dans vos achats!

artisanat : la super cote ?

Au cours de mes visites et échanges, je remarque un regain d’intérêt croissant pour l’artisanat, voire pour les métiers d’art.

L’achat éthique s’installe de plus en plus dans les mentalités : on passait de la consommation à la consomaction…

La Trésorerie, concept store âgé de 2-3 ans seulement, a fait le choix de sélectionner des produits beaux, fonctionnels, respectueux de l’environnement (choix des matières…) et de les proposer de manière transparente : lieu de production précisé… Les fabricants, quasiment tous européens quand ils ne sont pas français, bénéficient d’une rémunération « juste » par rapport au travail effectué. On retrouve donc l’importance du savoir-faire et de la transmission, du travail de la matière… sans oublier bien-sûre la créativité, pour des objets du quotidien : de grands classiques de qualité à de nouveaux designs… essentiellement pour la maison.

Ci-dessous un exemple très intéressant :

Assiette canapé Arabesque bleue Indigo

collection Indigo par l’artiste céramiste Brigitte de Bazelaire qui réinterprète ici le service Rouen 32 de son enfance, édité par Gien au XIXe siècle.

« La faïencerie de Gien fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel français. Elle produit de manière artisanale, depuis 1821, l’intégralité de ses faïences à Gien, en France. Cette entreprise est aujourd’hui l’exemple du parfait mélange entre tradition et modernité : utilisant des techniques modernes, elle continue toutefois de pratiquer un savoir-faire plus traditionnel comme la peinture à la main.

Crédit photo d’ambiance: Francis Hammond »

Les produits proposés sont donc originaux et valorisent la production, qui n’est pas toujours artisanale. Mais quelque part, je considère ce point de vente comme « clé chronologiquement » dans les concepts stores parisiens : les références Colette et Merci, Home autour du Monde qui développe son réseau… Pour ces derniers, leurs sélections se veulent pointues, mais à ma connaissance pas de parti-pris éthique concernant la fabrication dans la sélection.

Puis, est arrivé Empreintes, ouvert il y a quelques mois seulement. Empreintes, c’est le concept store des métiers d’art et aussi  une initiative Ateliers d’Art de France (Le syndicat professionnel des métiers d’art). Considérez donc tous les objets proposés comme des pièces uniques, voire ce lieu comme un musée où on pourrait acquérir les œuvres… Décoration, bijoux, papéterie… le champ est large et c’est superbe… Le bâtiment est spacieux et qualitatif, les espaces répartis sur plusieurs étages, les objets bien présentés : scénographie comme informations (fiche descriptive de l’artisan, de la technique). Ci-dessous leur vidéo de présentation :

Est-ce que l’artisanat serait devenu un secteur d’avenir? Des maisons de luxe recherchent ces profils, mais pour une sélection de métiers seulement.

Il faut peut-être aussi voir plus loin, plus large, si on en a la possibilité : certains artisans tentent une visibilité plus internationale en s’exposant à Maison&Objet : c’est le cas du très talentueux jeune plumassier Julien Vermeulen.

JULIEN VERMEULEN BADO SENSHI 1 plumassier plumasserie

Bado Senshi, 2015 – création Maison Julien Vermeulen – 70x60x150 cm – plumes, silicone, aluminium, coton – copyright Maison Julien Vermeulen

 

En tout cas certains (s’)investissent dans cette voie pour mettre en lumière cette jeune génération d’artisans : c’est le cas de L’Atelier Singulier, dont on attend le coup d’envoi prochainement, et un nouveau concept de partenariat avec des artisans attitrés, comme vous pourrez le voir dans la vidéo suivante.

 

Cela donne envie, non?

Alors, l’artisanat a-t-il la super cote?

En tout cas, il est d’actualité :

De belles visites voire de beaux achats en perspective…

 

Que reste-t-il…?

Un post plus personnel cette fois…

Il y a quelques années déjà, l’emploi que j’avais à l’époque ne me rendait plus heureuse. De son côté, professionnellement parlant, mon compagnon était souvent en déplacement à l’étranger. Lorsque nous parlions, c’était essentiellement de boulot et ce n’était pas des plus agréables…

L’heure des vacances arriva enfin et notre esprit avait regagné une certaine légèreté. Au programme? Visites, découvertes, soleil et bons repas… Un jour, que nous longions un célèbre monument mon compagnon s’arrêta, puis rebroussa chemin… Pour regarder avec intérêt quoi? Le bâtiment en face du monument. Oui. Il s’agissait en fait d’une grande bâtisse, visiblement un ancien hôtel restaurant, à l’abandon depuis quelques années. Alors que j’étais passée devant sans me poser de question, ce ne fut pas le cas de ma moitié.

Là où je voyais une architecture plus du tout entretenue, lui voyait une chance de changer de vie : quitter nos emplois qui pompaient notre énergie pour travailler ensemble, créer nos jobs…

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partie de la façade

Bref, une nouvelle vie où nous serions pleinement acteurs de nos fonctions et dans un cadre des plus agréables. Pour lui, il s’agissait d’une réelle opportunité. Pour moi, c’était à ce stade trop loin de mes pensées… Et rien n’indiquait que ce bien était à vendre. La suite des vacances fut quand même fortement influencée par cette idée de reprise d’affaire, tout à fait possible pour lui, doux rêve naissant pour moi : « analyse » de la concurrence, visite de boutiques de mobilier, discussion sur la décoration…

Une fois rentrés, je repris le chemin de mon travail, quand à mon compagnon, toujours motivé, il fit de son côté pas mal de recherches sur cet hôtel, mais trouva peu d’informations : anciennement un hôtel emblématique de cette ville touristique, datant du 17è ou 18è siècle, à l’abandon depuis 10-15 ans… Contrairement à ce que je pouvais penser Internet n’a pas réponse à tout… Laisser tomber? Ce serait mal connaître ma moitié et peut-être que mes soucis grandissant avec mon travail l’encourageaient à poursuivre ses investigations… qui se révélèrent finalement payantes! Quelques mails échangés avec les actuels propriétaires, un rendez-vous pris et nous voici, partant  « secrètement » un vendredi après le boulot direction l’aéroport pour un week-end peut-être dans notre future ville. C’était fou, ce n’était tellement pas moi, mais c’était tellement bien… Un projet si challengeant, un vrai changement de vie…

La visite, d’une certaine manière, fut intéressante : l’intérieur nous a révélé le réel état de cet hôtel : désastreux, et son réel éclat passé : peintures murales abîmées par les moisissures, escalier grandiose dont la rampe en bois vernis, quand elle n’avait pas été arrachée était devenue grise de poussière, terrasses avec vues imprenables et plafonds effondrés, sols de marbre et mobilier art nouveau cassé, poignées sculptées et vitres brisées, fer forgé et murs tagués, boiseries et déchets…

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escalier gris de poussière et peintures murales détériorées

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boiseries, verres gravés…

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poignée de porte ancienne

Les nouveaux habitants des lieux étaient soit des chats sauvages, l’odeur d’urine étant bien présente soit sur le toit des arbres…

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sur le toit terrasse, une forêt s’est invitée

Face à cet ancien faste, mon enthousiasme me faisait imaginer quelques élégantes femmes ajustant leur chapeau, des bals au son d’un piano, ou des enfants courant dans les grands escaliers… et pourquoi pas plus tard un spa dans les caves voûtées, une décoration entre style art déco avec de l’artisanat local et confort contemporain, des bouquets de fleurs parfumés, des animations culturelles… pour préserver l’histoire et le patrimoine de ce lieu qui se dévoilaient à nos yeux.

Cependant il fallait se rendre à l’évidence, la belle endormie n’était en fait plus qu’une ruine. Nous entamâmes quelques négociations, mais le prix demandé nous semblait tellement prohibitif vue la quantité de travaux à effectuer… Nos rêves se voilèrent de poussière, à l’image de ce lieu : nous savions le potentiel énorme mais il n’était pas à notre portée. Il ne nous était donc pas possible d’avancer dans ces conditions, ce qui fut plutôt difficile à accepter.

Nous décidâmes chacun à notre manière de résoudre nos problèmes professionnels, ou plutôt de prendre notre mal en patience et tenter quelques changements mais ce pseudo équilibre trouvé ne dura pas très longtemps. Ce projet avait comme un petit goût d’échec, un peu un sentiment de nostalgie et de frustration. En nous, entre nous persistait cette idée, cette projection d’un autre avenir et nous devinions avec peine les détériorations du bâtiment progresser. Nous n’étions pas non plus « hantés »par ce projet, mais il représentait quelque part l’opportunité d’un autre développement personnel et professionnel, de plus de temps passé ensemble et d’un réel investissement (énergie, argent, temps) pour nous.

Bref, après quelques petites années et face à nos impasses professionnelles respectives, peut-être que nous étions devenus plus mûrs aussi, je décidais de refaire des recherches : inquiète pour ce lieu je me dirigeais rapidement vers Internet, qui là, ne donna beaucoup (trop?) de réponses. L’hôtel était « tombé » dans les mains d’un groupe international qui a su l’exploiter grandement : les photographies de chambres contemporaines paradaient sous mes yeux, dans des tons de beige, marron foncé et gris, les faux plafonds avec des spots intégrés et éclairages indirects… Une piscine avait été créée, une salle de sport débordait d’électronique… Je ne reconnu plus le lieu, pour moi son âme avait disparu. J’ai eu l’impression que tout avait été rasé, effacé, pillé : toutes les touches d’histoire, de patrimoine : les tableaux, le bel escalier, les vitres en verre gravé, les belles poignées, le marbre au sol… Tout! Tout? Non ; à l’arrière-plan d’une photo, au bord de la piscine je pouvais distinguer la cloison de fer forgé, portant les initiales du nom de l’hôtel située initialement dans le hall d’entrée, tel un trophée d’un passé devenu histoire : une page avait été définitivement tournée.

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cloison en fer forgé, lors de notre visite et actuellement

Je me demande ce que sont devenus « les restes » de la vie précédente de cet hôtel : tableaux, menuiserie, meubles… Détruits, vendus…?

Quelle est la définition de patrimoine, où commence-t-elle? Doit-on conserver tout ce qui est art/artisanat et d’une autre époque?

Qu’en pensez-vous?

exposition « Promenade Bucolique », Chaumet

Jusqu’au 30 janvier, Chaumet présente l’exposition Promenade Bucolique au musée éphémère de la boutique Chaumet, place Vendôme.

mailing Chaumet de présentation de l'exposition Promenade Bucolique

mailing Chaumet de présentation de l’exposition Promenade Bucolique

Il s’agit d’une sélection de pièces allant de la période romantique aux années 1980.

Laissez-vous guider… Car une fois entré, une visite vous sera proposée : belle opportunité de se plonger dans l’ADN de cette maison et de découvrir de réelles œuvres d’art, offertes exceptionnellement aux yeux du public ; des esquisses affinées aux pièces de joaillerie.

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diadème, tout en finesse… daté entre 1890 et 1910

« Chaumet conserve depuis 1780 l’intégralité de ses archives : correspondances, livres de comptes et d’inventaires, livres de perles et de pierres, dessins, maquettes de bijoux et photographies. D’une exceptionnelle qualité artistique, ce fond compte plus de 55 000 dessins. »

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esquisse, avec détails des reliefs souhaités

Bien sûr, l’histoire de la maison est abordée : en effet, Marie-Etienne Nitot, fondateur de Chaumet, est le joaillier attitré de l’impératrice Joséphine et de la cour impériale.

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L’impératrice Joséphine : muse historique de la maison Chaumet

Les différentes étapes de l’élaboration d’un bijou sont détaillées : illustrations mettant en valeur la finesse des détails et le réalisme des propositions, maquettes en maillechort… Les points communs de ces créations ? Je dirais la légèreté et l’équilibre dans les proportions et surtout l’élégance dans les compositions ; mais aussi l’audace : mélange de matières et couleurs, associations de motifs géométriques et naturels…

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L’abeille : une autre thématique chère à la maison Chaumet

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exemple de maquette en maillechort, permettant un essayage en volume avant la fabrication du bijou.

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exemple de bijou mélangeant des motifs naturels et géométriques, du mat et du brillant…

La dimension pédagogique ne se limite pas aux bijoux finis : une scénographie en rupture et plutôt contemporaine présente les matières premières utilisées et ainsi la riche palette de couleurs naturelles : pierres précieuses, perles ou corail…

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mur de présentation des différentes matières premières : une large palette de couleurs

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vitrine présentant du corail rouge, en provenance des mers chaudes

Sous la dimension esthétique évidente, la technicité est là : pièces articulées pour suivre les mouvements ou ensembles pouvant devenir, par séparation de parties, plusieurs bijoux indépendants…  On retrouve, derrière la somptuosité, les savoir-faire manuels de différents corps de métier et surtout de réelles intelligences d’assemblage.

Chaumet : exposition Promenade Bucolique - photo et composition : Luxe, Design et autres curiosités

composition montrant la richesse de cette exposition

Une critique sur cette exposition ? J’aurais bien aimé un parallèle plus marqué entre ces bijoux qui ont posé les bases du vocabulaire formel propre à Chaumet et les créations contemporaines (thématiques, motifs… comme les abeilles, la forme diadème). Donc prolonger cette exposition dans la boutique Chaumet juste à côté me semble la meilleure suite.

Ci-dessous quelques photographies avec les légendes telles que présentées à l’exposition.

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« épingles à chapeau à motifs naturalistes, Joseph Chaumet, 1912 et 1913. Platine, or, cristal de roche, agate, diamants, aigue-marine et saphirs. Collection Chaumet Paris. L’épingle-bijou parfait la coiffure des élégantes de la Belle Epoque, unissant grands chignons et chapeaux avec raffinement. »

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« Aigrette Marie Stuart, Joseph Chaumet, vers 1910. Or, argent, diamants et perles fines. collection Chaumet Paris. Cette aigrette doit son nom aux coiffures en V de la reine d’Ecosse. »

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« Peignes aux guirlandes de laurier, Joseph Chaumet, vers 1905. Ecaille blonde, or, diamants et perles fines. collection Chaumet Paris. Symbole d’immortalité, arbre du triomphe, des chants et des poèmes, le laurier rappelle Apollon et Daphné. »

L’entrée est libre, sans rendez-vous.

A voir également, sur la page d’accueil du site Chaumet (http://www.chaumet.fr/), une présentation à propos de Joséphine : des bijoux bien sûr, mais aussi des esquisses et une vidéo… Que la magie opère!